En cette période
difficile où je me décide enfin à écrire cet article, la mobilisation «contre la vie chère», organisée par le collectif LKP, se traduit depuis huit semaines par le blocage de la Guadeloupe et par
de nombreuses manifestations, de plus en plus violentes. La paralysie de l’activité économique, notamment du fait de la fermeture forcée d’entreprises et la privation de carburants, opérée par le
LKP, aura de fâcheuses conséquences sur le développement de l’île et sur son image.
Cependant, il s’agit d’un mouvement efficace de blocage de l’île et d’une
mobilisation forte ; les manifestations les plus nombreuses ayant pu rassembler environ vingt cinq mille personnes, ce qui est exceptionnel pour le département.
Huitième semaine de grève ininterrompue : le
chaos se fait sentir et une atmosphère glauque s’installe… Des stations services fermées, des boutiques dont les rayons blanchissent tant les produits sont rares, plus d’approvisionnement sous
aucun prétexte, des carcasses de véhicules de toutes sortes grillées… Des déchets jonchent les routes afin de barrer et d’interdire tout accès… et une population tellement remontée…
Atmosphère triste et désolante pour notre île de
beauté… Fort heureusement, la mer, les rivières et les cocotiers restent toujours présents…
Notre structure, Serac Guadeloupe, milite depuis près de quinze ans sur
l’Île de Beauté pour développer l’accession des sourds et des malentendants à la vie sociale, culturelle et professionnelle. Notre travail est en adéquation avec la loi du 11 Février 2005 qui préconise « des actions s’adressant aux Sourds, des actions visant à informer,
former, accompagner, soutenir les familles, des actions favorisant des ouvertures Artistiques Culturelles, des actions de formation et de soutien des professionnels, des actions d’information et
de sensibilisation du public, des actions pédagogiques en milieu scolaire et professionnel »…
Guadeloupéenne d’adoption, installée depuis 1996, je suis interprète en
Langue des Signes, diplômée Serac en 96, seule interprète français-LSF reconnue et diplômée aux Antilles. Je vais tenter de vous expliquer un parcours semé d’embûches… mais qui débouche sur
un résultat positif, dans le sens où les esprits se réveillent
enfin…
Avant d’expliciter la naissance de notre fameux « 7 Actu »,
magazine télévisé du dimanche soir en LSF, sa mise en place, la méthode employée pour le réaliser techniquement et les difficultés rencontrées, il est important d’éclaircir un certain nombre de
points grâce à un petit historique.
Lors de mon installation, j’ai été confrontée aux mêmes déconvenues qu’Amandine Gondcaille, une collègue très éloignée géographiquement.
Vendre son métier d’interprète français-LSF n’est pas chose
simple, le Handicap en général étant encore considéré comme tabou il y a à peine quinze ans. Hors de question de
s’aventurer dans cette thématique, ni même de la frôler
au risque de voir les portes se fermer.
La population n’était pas prête à accepter cette « singularité » que nous considérons tous non comme un HANDICAP, mais tout
simplement comme une communauté bien singulière avec toutes les richesses engendrées, la première étant sa propre langue…
Se battre au quotidien contre des
moulins à vent ne fût pas chose facile et cela dans le but d’installer de façon effective et définitive notre structure afin de promouvoir la langue des signes... Se faire accepter, être reconnue en tant que telle…
Officiellement, il est vrai que la Guadeloupe est un département français, mais officieusement, elle a sa
propre langue - le créole -, sa propre culture, ses traditions, ses mœurs, son rythme de vie, sa météo, ses us et coutumes, son histoire, ses paysages endémiques, etc. Selon moi, toutes ces
richesses incontournables confèrent à ce pays une valeur inestimable. Ces différences atypiques dues notamment à l’insularité m’ont charmée.
Ce pays m’a accueillie à bras ouverts, m’a conquise, m’a adoptée, m’a
acceptée et me fait maintenant pleinement confiance dans les actions menées au quotidien.
Rien de comparable à ce qui se
passe en métropole, à huit mille kilomètres de distance, où les aides régionales ou nationales pleuvent, où les structures existent déjà, où ce confort administratif permet une progression
assurée.
Petite « métro », je me
suis installée au fil du temps, sans effort, et surtout avec un réel plaisir, doucement, mais non timidement puisque mes observations me rendaient
active dans cette intégration ; d’abord en observant, m’imprégnant de toutes ces différences, tant culturelles que linguistiques, me les appropriant, selon le rythme insulaire. Beaucoup de
« métros » arrivent en terrain conquis, ont des idées, des envies bien ancrées qu’ils veulent mener à bien et ne prennent pas en considération les guadeloupéens. Ceux-ci ne restent pas
bien longtemps…
Linguistiquement, je me
suis imprégnée du créole, proche de la LSF à mon humble avis, puisque lui aussi est iconique. Ainsi, pour désigner un arbre, on dira pié Bwoa, la racine
(le pied) en bois se déployant vers le ciel.
Une fois la structure installée,
l’information devait être véhiculée en abondance avec détermination et persévérance.
Approcher l’élite (élus locaux, président de Région, président du
Département, députés, sénateurs, maires, etc.), cibler les besoins, les organismes, diffuser l’information, argumenter et contre-argumenter les
spécificités de la LSF, de sa communauté, de son histoire, du métier d’interprète, etc. ; aborder les questions fâcheuses : les prises en charge de telles ou telles prestations
financières : autant d’obstacles auxquels j’ai été confrontée.
J’ai eu affaire à tous les
clichés, les idées reçues, les préjugés déplacés existants et persistants surtout… La question se posait et se pose encore : comment faire évoluer les esprits sans froisser, tout en
respectant cette culture ? Tout simplement, en comparant leur histoire, leur souffrance, leur brimade et en leur apprenant à se « mettre à la place de ».
Les idées reçues suivent une évolution, de celles qui
correspondent à une vision très entendante de la surdité.
Voilà aussi pourquoi je rejoins
Amandine, nos démarches en tant que « vendeur D’ILS» sont à mille lieues de ce qu’on nous enseigne à Paris.
Il est impératif d’être formé sur
ce point ; démarcher est un métier à part entière : nous défendons notre métier, nous argumentons nos aptitudes, nos compétences professionnelles, les besoins prioritaires
de notre métier, sa reconnaissance, notre statut… Nous sommes approuvés, félicités même, puis le
couperet tombe… l’aspect financier !!!!
Combien de fois ai-je entendu des éloges de ci, de là quant à notre
prospection, mais un silence de mort s’installe quand nous évoquons cet aspect capital pour la survie d’une structure.
On me répond souvent :
« Ha bon ! Ce n’est pas gratuit ? », ou bien encore : « Vous n’avez jamais pensé au bénévolat ? C’est trop coûteux votre histoire, nous vous contacterons plus
tard… ». Mais dans combien de temps ??? Et voilà qu’il nous faut endosser une casquette quelque peu harcelante pour obtenir des résultats bénéfiques et concluants mais jamais
définitifs. Rien n’est jamais acquis !
L’assistanat auprès des sourds
étant de toute évidence bien ancré dans les mentalités, vouloir faire évoluer les choses relève du sacerdoce. Il n’est pas rare de s’entendre
dire : « Ha bon, il est présent… mais comment est-il venu ? En voiture, ce n’est pas possible, les sourds ne peuvent pas conduire ! » ou « Mais il ne peut pas
remplir son dossier, vous savez il est un peu « simple » », « Pourquoi ne répondez-vous pas quand je vous parle ?, pourquoi ne l’aidez-vous pas ?, mais assistez le !,
elle (en parlant de moi) n’est pas aimable, remplissez lui le formulaire, si vous n’aidez pas, votre présence est inutile, ou encore, vous pouvez me lire cette plaquette en braille
SVP ? » !!!,
etc.
Faire « entendre »
qu’un sourd n’est pas handicapé et qu’un interprète peut suffire à lever la barrière linguistique n’est pas simple et certains interprètes fragilisés peuvent alors être perturbés pour mener à bien leurs actions.
Il me semblerait donc judicieux
d’aborder cette prospection dans le cadre d’un module spécifique de la formation des interprètes français/LSF afin que les futurs interprètes soient parés pour répondre au mieux à la
situation.
La communauté sourde
guadeloupéenne a toujours été très demandeuse en matière de médias traduits en langue des signes. Le non accès à l’information locale les excluait davantage et créait un mal être avoisinant une
totale incompréhension et impuissance.
Sclérosée, cette communauté s’est enfin réveillée depuis février 2005.
Etant enfin reconnue comme telle, avec toute sa culture, sa langue, et son potentiel, elle a revendiqué le non–anonymat, une existence pourvue de richesse.
La France métropolitaine compte
environ entre 200 à 300 interprètes français/LSF diplômés pour soixante millions d’habitants ; à titre de comparaison la Guadeloupe en compte une seule pour quatre cents mille habitants. Je
ne vous raconte pas la solitude !!!
Nous structure Serac, qui
militons pour la reconnaissance des Sourds, prend en compte la surdité comme un phénomène « culturel » et les sourds comme membres d’une minorité linguistique certes, mais égale en
droit aux citoyens entendants, donc ayant droit un niveau de traduction parfait pour toutes situations de la vie quotidienne, aussi bien socioprofessionnelle, culturelle ou
éducative…
Nous nous sommes développés en équité (quatre salariés sourds et quatre
entendants) et implantés grâce à un certain nombre d’actions bien concrètes. Promouvoir et militer pour la LSF et la culture sourde reste une quête absolue : nous faire connaître sur le
département, s’intégrer et valider nos actions, prouver notre savoir faire auprès du média local : RFO Guadeloupe (retransmis en métropole sur le câble sur France O, O signifiant
outremer).
Médiatiser les actualités
régionales quotidiennes devenait MON cheval de bataille. Une priorité absolue pour les sourds, en souffrance de ce manque inestimable. Obtenir l’accessibilité de programmes télévisés traduits en
langue des signes est pour nous une priorité absolue de même que de multiples projets bilingues aux enjeux à la fois culturels, sociaux, pédagogiques, professionnels et maintenant
artistiques.
Un travail fait de patience et
d’abnégation, pour enfin un réel résultat concret en 2000 : L’émission « L’Hebdo » tous les dimanches traduit en LSF pendant quinze minutes, en collaboration avec RFO Guadeloupe
durant deux années.
Le public, très enthousiasmé de
cette initiative, n’a pas compris les raisons de l’arrêt soudain de ce programme. Manque de budget à l’époque, donc RFO ne pouvait répondre plus longuement à cette requête légitime. Dès lors, il
n’y avait plus que des demandes d’interprétation très ponctuelles et ciblées pour des débats politiques par exemple, en vue d’élections.
RFO Guadeloupe est restée
« sourde » pendant des années mais, je le souligne, toujours présente pour nous recevoir. Ce silence était justifié par ce manque de financement. Financement sollicité auprès de la
Région ou du Département, en vain…
Il a été capital d’argumenter et
contre argumenter pour concrétiser à nouveau une émission TV quelle qu’elle soit, jusqu’à obtention et validation d’un accord de la Haute Direction de la chaine. Emission de vingt-six minutes, le
« 7 ACTU » retrace les évènements sensibles de la semaine. C’est avec une grande reconnaissance que nous remercions encore et encore la chaîne pour cette
initiative.
Toute la communauté sourde se
félicite de ce partenariat et de cette confiance inestimable. C’est une avancée considérable dans tous les domaines : social, éducatif,
culturel et artistique. Les téléspectateurs entendants commencent à comprendre, à s’ouvrir, à prendre conscience que la LSF est une LANGUE. Cela
peut vous sembler normal et plus ou moins acquis en France métropolitaine, … mais ici, nous avons quinze ans de retard : les esprits se réveillent à peine et les regards commencent à
changer… La Guadeloupe commence seulement à accepter la reconnaissance de ce public sourd et de sa langue.
La décision tant attendue a été
validée par M. Jean-Philippe Pascal, directeur régional de RFO et Mme Véronique Polomat-Thibaudier, directrice des Antennes RFO Guadeloupe. Le projet a ensuite été soumis au rédacteur en chef,
François-Joseph Ousselin dirigeant l’équipe de Pierre Francillonne et du journaliste présentateur de «7 ACTU», Jean-Claude Lefort, initiateurs et
porteurs du projet. Je leur voue aussi une très large reconnaissance.
En coulisse, intervient toute une
équipe technique fort sympathique : cadreur, preneur de son, responsables décor, lumière et mixage, dont l’objectif est la finalisation du produit. C’est avec harmonie et grand
professionnalisme que cette équipe pluridisciplinaire mène à bien ce magazine d’actualités baptisé projet « sublimissime » par les téléspectateurs aussi bien sourds qu’entendants du
fait de son originalité, tant dans le contenu que dans la forme.
Préparation de l’interprétation simultanée en coulisse : ma technique
Tout d’abord, quatre sujets retraçant les évènements forts de l’actualité régionale sont choisis
selon les priorités de la semaine par Jean-Claude Lefort et Pierre Francilionne. Une fois les sujets déterminés, les montages achevés, ceux-ci sont mis à ma disposition afin que je puisse les
préparer au mieux.
Je les visionne afin de m’immerger dans un bain d’infos. Ma priorité est de repérer la langue utilisée (français ou créole). J’accorde
une grande importance, je l’avoue, à la qualité de ma traduction du créole vers la LSF. La réciprocité est la même quant à la traduction du français vers la LSF. En effet, même si cela est vrai
également quand j’interprète du français vers la LSF. Je suis certaine et consciente que l’on me regarde et attache une
importance capitale dans le sens où l’on va m’observer pour savoir si j’ai bien traduit ou non.
Pour preuve, j’ai des retours, pour l’instant, tous positifs, mais rien n’est jamais acquis. C’est comme si, plus ou moins, on m’attendait au tournant. C’est donc à moi, interprète de me calquer
et de « m’adapter » pour restituer le sens et l’intention du discours. Ce travail cérébral est très éprouvant mais les techniques de traduction sont identiques quelles que soient les
langues sources et les langues cibles. Pour restituer un message optimal, je dois être parfaitement
intégrée, aussi bien linguistiquement que culturellement. L’interprète tend à une parfaite équité entre les uns
et les autres. Ce métier demande une grande concentration et des efforts cognitifs intenses.
Autre preuve que nous sommes observés et jugés : on me dit parfois « tu as fait ça comme ça », ou « tel signe veut dire cela », etc., mais cela
montre souvent que les gens ne connaissent pas notre métier ; notre objectif est de restituer le sens, et cela ne se fait pas en traduisant mot à mot. Ainsi, l’expression anglaise
« It’s raining cat’s and dog’s » ne sera-t-elle jamais traduite par « il pleut des chiens et des chats », mais par l’expression
française équivalente, « il pleut des cordes ».
Ensuite je repère les difficultés auxquelles
je peux être confrontée le cas échéant. Vous voyez de quoi je veux parler : les chiffres ou les pourcentages en cascade ou les énumérations d’élus avec une quinzaine de noms et prénoms à
dactylologier, ou bien encore une langue de bois bien indéchiffrable. No Comment ! Je suis certaine que les interprètes qui me lisent voient tout à fait de quoi je parle et raffolent eux aussi de
ce genre de situations !
Dans un deuxième temps, le prompteur est préparé par le journaliste Jean-Claude Lefort qui m’assure
une copie du texte dans son intégralité. Je m’installe alors le temps d’une lecture, finement, prenant connaissance des titres et noms des invités représentant la Guadeloupe. Je schématise plus
ou moins dans mon esprit et accorde à mes neurones de ne pas apprendre le texte par cœur au cas où une improvisation s’installerait sur le plateau. Expérience touche finie !!! En effet, au
début, par crainte d’oublier quelque chose, je m’acharnais au par cœur, mais si le discours changeait j’étais perdue.
Il faut souligner que je n’ai aucune
préparation pour les interventions d’invités ; ils arrivent au dernier moment et ne sont pas au courant des questions à venir pour que leurs réponses soient prises sur le vif du sujet. La
philosophie de « 7 ACTU » est de réagir à « chaud » sur des évènements quelques fois hyper sensibles. Les invités ne doivent en aucun cas utiliser une langue de bois
quelconque pour que la population puisse avoir accès aux explications. De surcroît, je ne découvre que sur le plateau en direct si tel ou tel invité va s’exprimer en français ou en créole. Mais
la première question que pose mon acolyte, Jean-Claude Lefort, est toujours de savoir quelle langue va être utilisée. Et mes neurones se préparent naturellement à cheminer vers une traduction au
plus juste.
Enfin, je dois me préparer à traduire une vidéo des thématiques abordées,
assez complexe, intitulée « Ma semaine à moi ». C’est un montage d’évènements successifs et exhaustifs de la semaine, une succession d’images expéditives avec texte superposé, réalisé
par Pierre Francilionne. Cela ressemble à un zapping très rapide avec un style particulier selon l’évènement : ironique, critique, ludique ou encore teinté de dérision. Les noms des
intervenants sont cités, et des questions posées selon l’évènement. Là encore, je visionne et m’immerge dans l’action pour une préparation optimale.
La priorité de Jean-Claude Lefort est de
garantir à la population des témoignages sur des sujets sensibles, allant contre la langue de bois, en toute simplicité et sans tabou.
Le positionnement sur le plateau est très
simple ; vous allez rire : en triangle… car c’est le formatage adéquat pour les caméras. Le plateau est ovale et nous sommes positionnés en triangle, chacun face à une caméra
individuelle.
Bien sûr, il arrive qu’il y ait quelques
couacs : un certain nombre de fois j’ai dû attendre les deux cassettes en vue du mixage… 17H15 toujours pas de cassette…Je renifle l’improvisation… Le temps défile, et l’heure du passage à
l’antenne se profile à l’horizon : 18H00, je dois être opérationnelle… 17H30 avec seulement les textes en mains, on me sollicite pour un cadrage… Je ne coopère pas tant que je n’ai pris
connaissance des sujets abordés. Je me précipite dans une course folle pour récolter les thématiques en salle de mixage, où les voix sont placées directement sur les cassettes. Mission
accomplie !!! Mais l’improvisation m’est confirmée !! Fort heureusement, je suis toujours à l’affût de la moindre information régionale et autre : question de culture et de
professionnalisme ! S’ensuit alors un challenge d’être à la hauteur pour rendre la traduction optimale sur le plateau, en direct. Et au diable le maquillage !
Il arrive également très souvent sur le plateau, lorsque la parole est donnée à untel, que la
maquilleuse veuille faire une retouche à tel autre, m’oublie et passe et repasse devant MA caméra… Oups !
Ou encore, pendant que je m’efforce
d’interpréter les reportages, untel et untel discutent haut et fort sur le plateau. Alors discrètement, je me permets un CHUT invisible mais ferme ou encore un bruit de bouche accompagné d’un
regard assassin. Lorsque cela arrive, ma concentration est quelque peu altérée.
La cadence et le rythme sont donc très
soutenus. Pas le temps de penser à ce que l’on va préparer à dîner en rentrant ! Et interdiction de questionner ou de ralentir ou même d’interrompre. Je dois suivre, un point c’est tout. Le
rythme est bien réel et le débit est tel que je ne sais plus qui je suis, et où j’habite… Pas le temps d’y penser même !
Avant les évènements sociaux et la grève de
huit semaines, la durée du « 7 Actu » était de vingt-six minutes. Depuis le retour à une vie « normale » malgré quelques conflits encore persistants, l’émission dure 45 minutes. Alors pour tout un chacun, c’est une grande victoire. Même si, l’émission achevée, je m’écroule sur le plateau, essoufflée et désarçonnée, une
jouissance m’envahit pour une mission enfin accomplie !
Malgré les différentes difficultés
rencontrées, ma plus grande satisfaction personnelle est de contribuer à la promotion de la culture sourde guadeloupéenne, d’avoir su insuffler chez les entendants, l’esprit « Pi culture
Sourde », sans stéréotype, de dévoiler une culture authentique, très riche ; d’avoir contribué, sans prétention de ma part, à une meilleure accessibilité des programmes télévisés.
Devenez aussi notre partenaire et
engagez vous, participez au
développement de l'échange entre sourds et entendants, encouragez les projets multiples bilingues aux enjeux à la fois culturels, sociaux, éducatifs, professionnels et
artistiques !
La langue des signes surprend toujours, fascine, et séduit encore et encore…
On méconnaît trop l’enjeu humain de la surdité qui est avant tout une singularité de type culturel.
Encore un rêve à concrétiser, juste un
dernier ! Celui de mettre en place le journal télévisé local QUOTIDIEN traduit en langue des signes française…
Vous le constaterez… nous ne dormons pas forcément, ni ne bronzons à gogo sous les cocotiers !!!!
NOUS PA KA
DOMI !!!
KIMBE RED !!!
Merci de votre
attention
A DAN ON OT
SOLEIL !!!! A PLI TA !!!
Virginie Millière
I6 de Serac
millierevirginie@orange.fr
LIVRE D'OR